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Vie pratique du tireur

Fonctionnement et dérives des clubs de tir

vendredi 2 mars 2018, par Jean-Jacques BUIGNE fondateur de l’UFA

Questions :
Nous sommes souvent sollicités par des tireurs qui contestent les pratiques de leur club de tir et trouvent que leur président de club se conduit comme un dictateur avec des exigences totalement « exotiques ». Ils reprochent soit :
- des parrainages compliqués qui freinent les nouvelles adhésions et rendent le club privé ou fermé,
- de payer des validations,
- des QCM avec 12 de moyenne pour avoir accès à un carnet de tir,
- des certificats médicaux ou copies d’autorisations alors que cela n’est pas demandé par les textes,
- etc...

Réponses :

Tous les problèmes que vous soulevez concernent le fonctionnement interne des clubs de tir.
En fait, un club de tir est une association dirigée par un président, un bureau et un Conseil d’Administration qui sont élus par l’AGO annuelle. Elle doit être conforme à la loi.
Et, en dehors des contraintes légales concernant les armes ou le fonctionnement associatif, tout le reste est affaire de gestion, de règlement intérieur, etc...

Les seules exigences qui viennent de la FFTir concernent l’installation, les licences, les assurances sportives. Notons également les exigences règlementaires liées aux tirs contrôlés.

Tout le reste n’est que décisions internes, liées au fonctionnement associatif. L’association a tous les droits, à condition que ce soit prévu par les statuts et/ou le règlement intérieur. Sinon, il faut que les décisions soient prises au cours des AG annuelles et consignées dans le PV d’Assemblée.

Si un tireur n’est pas satisfait d’un aspect du fonctionnement de l’association, il faut demander au président de l’inscrire à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale-pour en débattre.
Si c’est urgent, vous pouvez contraindre le Conseil d’Administration à organiser une AGE anticipée. Mais si vous en arrivez là, il faut que cela soit absolument conforme à ce que prévoient les statuts qu’il faut suivre à la lettre.
Peut-être que vous serez amené à changer de président et en élire un autre. Sachant que c’est une fonction souvent ingrate et qu’il y a beaucoup de "râleurs" et peu de candidats à la présidence.
Ces bénévoles que sont les présidents subissent de nombreuses contraintes, aussi bien de l’administration que de la FFTir. Et parfois ils utilisent ce que l’on appelle par ailleurs, le principe de précaution. Ils n’ont pas le droit bien sûr et même si c’est maladroit, on peut aussi comprendre leurs peurs. Parfois un peu de pédagogie peut rétablir l’ordre des choses.
Quelquefois, ils finissent par être tellement traumatisés par leurs responsabilités qu’ils en viennent à verrouiller tout ce qu’ils peuvent. Ils seront en face de deux sortes de membres :
- ceux qui courbent l’échine pour ne pas faire de "vagues", surtout s’ils ont l’intention de demander un avis préalable (l’ex feuille verte). Cela d’autant plus que les clubs sont saturés de membres et que la "porte est grande ouverte" pour ceux qui sont mécontents, quitte à les "pousser un peu dehors,
- ceux qui connaissent parfaitement la règlementation qu’ils opposent et se rebiffent jusqu’à faire remplacer le président.
- A noter que pour changer les choses il faut que vous soyez vous-même un adhérent exemplaire. D’’abord participer d’une manière active aux AG ordinaires annuelles (ordre du jour, questions écrites). Puis le jour de l’assemblée, se munir des statuts de l’association et du règlement intérieur. Pour avoir le "droit de râler" il faut que vous participiez régulièrement à la vie du club.
- Et puis, les statuts "font la loi" dans le club tant qu’il ne crée par d’inégalité entre les membres. Il n’est pas question que l’UFA s’immisce dans les statuts des associations, ce n’est que l’Assemblée Générale des adhérents qui est la seule compétente pour discuter de leur application ou de leur opportunité.
- Enfin, il faut être conscient que le nombre des tireurs a augmenté de façon considérable. A tel point que les clubs de tir sont matériellement submergés par le nombre ! Ainsi, ils réagissent de façon pragmatique pour réguler leur nombre. C’est difficile pour ceux qui sont refusés, mais c’est l’une des conséquences de la notoriété du tir.

Les dérives rencontrées :
Nous avons notamment rencontré des demandes excessives qui en ajoutent à la règlementation existante :
- demande d’un certificat médical pour renouveler la licence. C’est inutile puisque lorsque l’intéressé aura sa licence, il devra retourner à nouveau chez le médecin pour qu’il tamponne sa licence,
- demande de l’inventaire des détentions de catégorie B ou même C pour la délivrance d’une feuille verte. Totalement illégale, s’il y a lieu, cette demande peut être faite par la Préfecture. Et puis ce fichier constitue un risque en cas de piratage. Ce serait le "circuit idéal" pour cambrioleurs de tireurs, voir article ;
- le président du club autoriserait des contrôleurs de la Police Nationale à pénétrer dans le club aux heures où le club est accessible aux adhérents tireurs. Nous savons que chaque club doit être contrôlé au moins une fois par an avec la collaboration de la Préfecture, mais pas de cette façon. Instruction de la DLPAJ.,
- il faudrait même nommer des "contrôleurs habilités" dont la liste serait communiquée à la Police. Leur rôle serait de refuser l’accès au stand des tireurs qui n’auraient pas sur eux leur autorisation. Et le stand ne pourrait pas ouvrir sans leur présence !
- Exemple de délais abusifs concernant la pratique régulière du tir.

Nous voyons donc des "ayatollahs" qui refont la règlementation en inventant des règles à leur sauce et on en arrive à des situations totalement paranoïaques.
Voir aussi :
- Comment installer un stand de tir ?
- Le contrôle des stands de tir,
- Loi de 1901 sur les associations. L’association est régie, quant à sa validité, par les principes généraux du droit applicables aux contrats et obligations,
- Modèle de statuts.
LA BUVETTE DU STAND
Dans un esprit de convivialité bien français, à une époque, chaque stand disposait autrefois d’un bar aménagé avec les moyens du bord, dont les bénéfices contribuaient à enrichir la trésorerie du club de tir. Cette pratique, couramment tolérée il y a encore une dizaine d’années est en passe de disparaître ! D’une part, ces bars sont considérés par le fisc comme des débits de boisson clandestins et le club courrait le risque de lourdes amendes.
D’autre part, les taux d’alcoolémie tolérés aux conducteurs ont été abaissés à plusieurs reprises et il ne faut pas beaucoup d’apéritifs anisés pour atteindre le seuil fatidique de 0,5g et un tireur qui aurait un accrochage avec un taux d’alcoolémie supérieur à la normale en sortant de son club, ça « ferait désordre »  !
Enfin, la manipulation des armes n’a jamais fait bon ménage avec l’alcool !
Aussi beaucoup de présidents ont-ils pris la décision de fermer cet endroit sympathique, d’autant plus qu’en cas de problème, le premier à en supporter la responsabilité serait justement : le Président...

Rel. LV-12/06/24

 

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