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Le jour d’après : le 14 novembre 2015

dimanche 22 novembre 2015, par Erwan

Suite aux fusillades qui se produisent régulièrement à Marseille, le Ministre de l’Intérieur venait d’annoncer le 13 novembre un train de mesures visant à renforcer la sécurité publique, au nombre desquelles figurait un plan en 20 points pour lutter contre le trafic d’armes. Voir article du Parisien.
Les tragiques événements survenus le soir même ont malheureusement prouvé le bien-fondé de ses préoccupations.

Notre association ne peut qu’approuver des mesures qui visent à mieux assurer la protection de nos concitoyens et de leurs familles dans la période difficile que traverse notre pays.

Certaines mesures sont d’ordre technique : création d’un nouveau fichier balistique, coopération avec les forces de police des pays fournisseurs d’armes etc. Ne souhaitant pas intervenir dans un domaine qui n’est pas de sa compétence, l’UFA laisse le soin aux policiers et à leurs syndicats de commenter ces dispositions s’ils jugent nécessaire de le faire.

Ce qui va directement impacter les tireurs et les collectionneurs :

- durcissement des sanctions en cas de détention illégale d’armes, avec des peines portées de trois à cinq ans de prison en cas de détention d’arme de catégorie A. Espérons simplement que les juges continueront à avoir le bon sens de ne pas confondre un collectionneur imprudent qui a conservé la Sten de son grand-père maquisard et ne fait par ailleurs de mal à personne, avec le terroriste qui ne vit que pour massacrer des innocents.
Ajoutons que, quelle que soit sa durée, une incarcération reste un drame pour un honnête homme et que ses conséquences familiales, personnelles et professionnelles sont souvent disproportionnées par rapport au simple fait d’avoir détenu une arme prohibée. A l’inverse, pour un terroriste ou un malfaiteur, la peine encourue pour détention d’arme deviendra dérisoire face à celle qu’il encourt pour les crimes qu’il a commis.

- intensification des investigations sur les sites internet et autorisation pour les policiers de se faire passer pour des acheteurs potentiels pour démasquer les trafiquants. Ces mesures sont pleines de bon sens.
Notre site a déjà recommandé la prudence aux acheteurs sur internet, aussi n’est-il pas nécessaire d’y revenir,

-  contrôles accrus des clubs de tir. Chacun sait que ce sport est déjà très encadré mais les tireurs doivent s’attendre à se trouver un jour contrôlés sur leur stand et à voir leur véhicule fouillé de fond en comble.
Pour ceux qui rêvent d’essayer un jour le revolver modèle 1892 du grand-oncle, retrouvé sur le sommet d’une armoire (le revolver, pas le grand-oncle !), mieux vaudra donc attendre des jours plus calmes ou simplement solliciter une autorisation d’acquisition d’arme de catégorie B, pour pouvoir le faire en toute légalité.
L’efficacité reposant sur la collecte et l’exploitation d’informations, il y a aussi fort à parier que quelques collectionneurs pris en défaut, effrayés par la lourdeur des peines encourues, préféreront se transformer en informateurs de la police en échange de la mise en sommeil de leur dossier. Mieux vaudra donc éviter toute confidence imprudente sur les pas de tir ou les bourses aux armes ! Même avec le casque antibruits, les oreilles ennemies vous écoutent !

De même, les précieux mécaniciens du dimanche, qui dans toute communauté de tireurs dépannent souvent leurs camarades peu adroits de leurs mains en effectuant telle ou telle petite réparation, devront-il être particulièrement prudents et se garder de toute remise en état de tir d’une arme neutralisée car, avec cette activité illégale, ils vont désormais constituer une cible privilégiée des services de police.

Porosité

Certains journalistes en mal d’information continuent encore aujourd’hui à entonner la chansonnette un peu éventée d’une supposée « porosité » entre le grand banditisme et le milieu des collectionneurs. Le Ministre de l’Intérieur a jusqu’à présent évité de tomber dans ce panneau et a clairement désigné ses cibles, qui sont le grand banditisme et le terrorisme (les deux étant d’ailleurs souvent intimement liés).
En respectant avec scrupules la règlementation, les amateurs d’armes ne l’inciteront pas à réviser ses positions !

Voir article sur la porosité.

Les 1800 morts annuels par armes à feu

Les médias continuent à reprendre inlassablement le chiffre de 1800 morts par an par armes à feu qui surviendraient en France, chaque année. Le quotidien « Le Parisien » a eu l’honnêteté de « décortiquer » ce chiffre, qui se décompose en réalité en : 1 400 suicides et 140 homicides. Pour le reste, il s’agit d’accidents où les causes n’ont pas été, à ce jour, déterminées.
Ce chiffre met donc « dans le même sac » les meurtres, le suicides et les accidents.
Gardons-nous d’oublier dans la liste de nos concitoyens tués chaque année par armes à feu, les soldats français qui tombent chaque année au service de notre pays sur les théâtres d’opérations extérieurs (616 militaires forces armées françaises « morts au service de la France  » entre 1962 et 2011, au cours de 228 opérations extérieures).
Le chiffre 140 homicides par an par armes à feu reste quand même très élevé pour un pays comme le nôtre et témoigne d’une montée de la violence ainsi que d’une banalisation du meurtre dans des zones contrôlées par la voyoucratie.
Certains prétendent que tout cela rentrerait dans l’ordre si l’on cessait de pénaliser le trafic et la vente de stupéfiants. Peuvent-ils sincèrement croire que tous ces braves gens, privés d’une source de revenus particulièrement lucrative, prendraient bien sagement le chemin de l’usine, du bureau ou de Pôle Emploi pour assurer leur subsistance ? Bien entendu non : ils se « recycleront » aussitôt dans les attaques à main armée, le racket, l’enlèvement d’otages ou simplement l’attaque de particuliers, pas toujours très lucrative mais facile et sans grands risques !

En conclusion

Amis tireurs et amis collectionneurs : soyez plus que jamais attentifs à ne pas vous mettre dans de mauvais cas. Nous avons changé d’époque et la période de l’après guerre où l’abondance des armes abandonnées par le conflit et les drames vécus quelques années plus tôt faisaient de la détention d’armes une chose anodine est révolue. Nous sommes entrés dans une ère où toute transgression coûtera très cher aux contrevenants.

Mais avant tout, n’oublions pas les victimes des récents attentats, qui étaient simplement parties passer une bonne soirée pour se délasser des tracas de la semaine et que des abrutis sanguinaires, qui ne supportent pas le bonheur de vivre, ont lâchement massacrées.
Toutes nos pensées vont aujourd’hui à ces morts, aux blessés qui luttent encore pour leur vie, à ceux qui resteront à jamais marqués dans leur chair par cette folie et à leurs familles endeuillées.

Lire aussi :
- Est-il facile de remettre en état une arme neutralisée ?
- Le figaro avait dit du mal des collectionneurs, nous avions protesté officiellement.
- Il n’y a pas de porosité entre le banditisme et le monde de la collection.

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