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Armée : problème sur les munitions de petit calibre

jeudi 4 octobre 2012, par GBR

Tout le monde sait qu’il n’y a plus de fabricant pour les munitions utilisées par l’armée française pour les armes légères.

Un député, François Cornut-Gentille, vient de poser une question au Ministre de la Défense dont la réponse est très instructive->http://questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-81QE.htm] sur l’embarras des politiques concernant cette épineuse question. C’est un peu le serpent qui se mord la queue depuis la création du FAMAS.

En effet, contrairement aux autre fusils d’assaut mis au point durant le siècle dernier (AK47, M16, Sig 550, FAL...), le fonctionnement mécanique du fusil d’assaut français FAMAS diffère beaucoup de celui de ses homologues. En fait, sur le plan technique, il est unique au monde :
Effectivement, les autres fusils d’assaut fonctionnent par emprunt de gaz (un petit trou au 3/4 du canon vers la bouche par lequel un peu de gaz entre pour actionner un piston déverrouillant la culasse de l’arme), ce qui éjecte l’étui de la munition venant d’être tirée pour ensuite rechambrer une munition neuve.

A l’inverse, les concepteurs du FAMAS ont tenu à utiliser toute la puissance de la munition pour le tir en évitant soigneusement de dévier une partie des gaz pour le fonctionnement interne (alors qu’on peut voir facilement le tube de réception des gaz déviés sur l’AK 47 qui se trouve au dessus du canon), comme sur toutes les autres armes.

Les français veulent tout le temps se mettre en avant avec des techniques différentes et en imposant des conditions d’usages intenables.

Ainsi, on se retrouve avec des Famas, des Concordes, des Rafales qui nous coutent les yeux de la tète et qui sont invendables.

La munition de 223R est d’un prix modique normalement et je pense que celle du
Famas doit coûter la "peau des fesses". L’arme étant aussi très chère et aussi invendable que le Rafale ...

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Voiçi un carton typique réalisable à 50 mètres
avec une arme semi-automatique en 223R ou 222R. L’arme ayant un bipiéds standard dans ce cas.

Le FAMAS utilise de nombreuses pièces pour avoir non pas un déverrouillage mais un retard à l’ouverture. Ce qui le rend vulnérable à la perte d’une de ses petites pièces alors que les autres fusils d’assaut ont des blocs démontables rapidement et facilement.

La munition OTAN SS109 pour le "M16" est donc incompatible pour le bon fonctionnement du FAMAS. Il est donc nécessaire d’avoir une filière industrielle
spécialisée pour que "notre bon vieux" FAMAS soit approvisionné en munitions ou alors d’avoir une politique courageuse pour mettre fin progressivement à la carrière de cette bonne arme [1] unique et chère.

Nos politiciens sont confrontés à un problème cornélien car l’armée française ne consomme pas assez de munitions pour pouvoir entretenir une filière munitionnaire ; ce qui est une faute stratégique car ce qui caractérise un conflit c’est la coupure quasi-immédiate des routes commerciales.

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Pourvu que les étuis soit propres et correctement
préparés ; en utilisant des ogives Sierra HP 55grs avec une charge de SP7 pour la précision.

Puisque la France est à la croisée des chemins pour ses industries et ses savoir faire qui sont en danger, voilà peut-être une piste à explorer sur la base de fusils d’assaut existants. Il est inutile de réinventer la roue ou le fil à couper le beurre électronique, mais une filière munitionnaire produisant des 223R (5.56X45), des 9X19 ; des 308 NATO (7.62X51) et des 50 BMG (12,7X99) ainsi que d’autre calibres "made in France" qui pourrait être créatrice d’emplois et un débouché supplémentaire pour la SNPE. De cette façon, nous pourrions avoir une filière en partie privée et étatique pouvant être pérennisée.

De plus, une industrie française pourrait aussi fabriquer des munitions de chasse.

 

[1comme le Concorde

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