Comment classer les Bulldogs et Vélodogs ?

mardi 13 mars 2018, par Erwan

Les bulldogs sont libérés depuis 1987 et les revolvers que les collectionneurs ont baptisés de l’appellation générale de " Vélodogs" le sont depuis 2013. Mais nous avons toujours autant de questions à leur sujet.

Il est vrai que la charnière 19/20e siècle a vu se développer d’innombrables petits revolvers. S’ill s’agit de modèles postérieurs à 1900, l’arme n’e sera pas classée en D2. La particularité des armes que nous étudions dans cette page est d’avoir un barillet non basculant dans lequel les cartouches doivent être chargées une à une et les étuis extraits un par un après le tir à l’aide d’une baguette basculante logée dans l’axe du barillet. Ce qui, sur le plan mécanique, classe ces revolvers comme des dérivés du Webley RIC.

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Le Webley RIC : ce revolver simple et robuste fut initialement acheté par la Gendarmerie Royale d’Irlande (Royal Irish Constabulary, en abrégé : RIC). En dépit des brevets déposés en 1868 par Webley pour protéger son mécanisme, ce dernier fut abondamment copié, en particulier en Belgique !

LES BULLDOGS

A l’origine, le nom « Bulldog » est l’appellation commerciale donnée à une version compacte et de gros calibre (.44 à .455) du revolver « Webley RIC », une arme elle-même brevetée en 1868.

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Le « revolver-cycle » ou « revol-velo » : une arme conçue par l’armurier parisien Joubert pour se loger dans une poignée
de vélo.
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Jeune cycliste attaquée par
un chien errant.

Les premiers Bulldogs ont été commercialisés par Webley à partir de 1878. L’arme a connu un tel succès que des armuriers belges mais aussi britanniques en ont produit énormément de copies, de qualité très variable et dans des calibres très divers, jusqu’à la déclaration de guerre de 1939.

Ce type d’arme est apparu sur le marché en 1878 et son mécanisme relève de brevets de 1868. Le classement en catégorie D du Bulldog et de ses copies ne donc fait aucun doute.

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Les revolvers Vélodog, fabriqués en masse et à bas prix par les artisans liégeois, étaient commercialisés dans des conditions très avantageuses et certains étaient même parfois offerts en prime pour l’acquisition de collections d’encyclopédies.

LES VELODOGS

A l’origine, ce type de revolver résulte d’une idée de l’armurier Charles François Galand, qui développa et commercialisa vers 1868 un revolver de poche tirant une cartouche d’un calibre voisin de 6 mm, la 6mm « Velo-dog », dont le faible encombrement et le faible recul permettaient aux cyclistes de se défendre des chiens errants, rendus agressifs par l’apparition de ces nouvelles machines roulantes qu’étaient les vélocipèdes.

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Quelques revolvers de poche dérivés du RIC, aujourd’hui désignés par les collectionneurs sous l’appellation générique de « Bulldogs » et « Vélodogs ».

Le rôle du « Vélodog » était essentiellement dissuasif et les cartouches étaient généralement chargées de petits plombs et de grains de poivre, voire de balles en bois ou en liège, afin d’effrayer les chiens vélophobes, sans pour autant les blesser gravement et encore moins les tuer.

Ce type de chargement évitait également de risquer de blesser les passants. Il aurait en effet été complètement irresponsable de tirer à balle en pleine rue !
Avec les années, il semble que les attaques de cyclistes par des chiens perdirent de leur fréquence. En outre, la création de diverses sociétés de défense des animaux a contribué à bannir la réplique armée aux agressions canines.
Les revolvers en calibre 6mm Vélodogs pouvaient également être chargés de cartouches à balle blindée qui permettaient aux cyclistes circulant tard le soir dans des lieux mal famés de se défendre des agressions des voyous. En dépit de leur apparence agressive, ces cartouches étaient en réalité un peu moins puissantes qu’une .22 Long Rifle !

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Revolver de poche « Hammerless » (à chien interne)
en 6 mm Vélodog.

Les revolvers de poche en calibre 6mm Vélodog (souvent appelés « vélodogs »par abus de langage) continuèrent malgré tout à être achetés comme armes de défense par des particuliers souhaitant simplement disposer d’une arme légère et discrète, pouvant éventuellement être facilement transportée dans la poche d’un vêtement.

Une fois encore, l’industrie armurière belge répondit sans délai à la demande en inondant le marché de petits revolvers, dont la plupart avaient abandonné le mécanisme de Charles François Galand au profit d’un mécanisme de type Webley RIC et d’une carcasse à cadre fermé.
Après 1900, certains de ces revolvers furent commercialisés en calibres :.320, 6,35mm Browning ou .22 Long. Pour accentuer leur caractère d’arme de poche, les fabricants dotèrent certains de ces revolvers de chiens non apparents (Hammerless) et/ou d’une détente repliable dépourvue de pontet.
Ces revolvers ne constituent au bout du compte que des versions réduites du Bulldog, dont elles conservent le mécanisme.
Leur commercialisation se prolongea elle aussi jusqu’à la
Seconde Guerre Mondiale.

Tout comme les Bulldog, les Vélodogs relèvent de brevets largement antérieurs à 1900 et sont de ce fait classés en catégorie D.

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Pistolets cyclistes à un coup : des armes de piètre qualité qui étaient venduess à des prix très bas.
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Signe de l’évolution de la société : la Manufacture d’Armes et Cycles de Saint-Etienne commercialisa le « revol-velo » dont le calibre .320 faisait plus une arme de défense contre les bipèdes malveillants que contre les chiens errants. Peu après, apparut le « revoluto », destiné à la défense individuelle des automobilistes. Le danger d’agression n’était nullement imaginaire car la Bande à Bonnot et d’autres malfaiteurs pratiquaient déjà à cette époque le « car jacking » pour se procurer les véhicules nécessaires à leurs activités criminelles !

A la fin du XIXe siècle, les armuriers proposèrent également de petits pistolets à un coup en calibre 6mm Flobert, appelés « pistolets de cyclistes ».
L’avantage de ces pistolets à un coup résidait dans leur coût dérisoire, qui résultait tout autant du caractère rudimentaire de leur mécanisme que de leur médiocre facture.
Du fait de leur finalité commune, ces « pistolets de cycliste », sont souvent confondues par les collectionneurs avec les revolvers Vélodog.

Leur commercialisation, très antérieure à 1900, classe également ces petites horreurs en catégorie D.

Les revolvers utilisant le mécanisme RIC, relèvent de brevets de 1868. Le classement en catégorie D du Bulldog et de ses copies ne donc fait aucun doute, tant qu’il s’agit d’armes à barillet non basculant.
Par contre, lorsque le revolver comporte un barillet basculant (latéralement ou vers l’avant), on s’écarte trop des brevets originaux. Ces revolvers postérieurs à 1900 sont alors classés en catégorie B, même si leur aspect archaïque pourrait faire dire le contraire. C’est simplement l’application des textes.