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Audition ou inquisition ?

samedi 6 juillet 2024, par Jean Pierre Bastié président de l’UFA

Les auditions administratives font partie du processus habituel lorsqu’un tireur fait une demande de détention d’arme de catégories B, ou renouvelle son autorisation.

Normalement l’entretien avec les représentants des forces de l’ordre ne dure que quelques dizaines de minutes et permet de faire le point sur la motivation du demandeur, tout en vérifiant ses antécédents. Mais depuis plusieurs semaines, des tireurs sportifs, qu’ils soient ou non membres de l’UFA, se tournent vers nous pour évoquer l’expérience traumatisante qu’a été pour eux leur audition administrative. Certains envisagent même d’arrêter le tir.
Ce phénomène est très inégalement réparti sur le territoire national. En règle générale l’entretien se déroule dans de bonnes conditions. Mais ce n’est pas le cas partout. Il existe des zones très ciblées d’où les témoignages qui remontent se font l’écho des mêmes difficultés.
Des auditions qui durent près de 2 heures pendant lesquelles un ou deux intervenants posent des questions qui pour certaines, sont carrément intrusives pour la vie privée des demandeurs.
D’abord les grands classiques sur l’identité et les raisons de cette demande d’arme de catégorie B. Là rien à redire, c’est le minimum vital pour monter le dossier.
Puis viennent en catimini des questions plus piégeuses sur le port d’arme et l’autodéfense. Certaines sont totalement lunaires : « Êtes-vous connu des services de police ? » Si quelqu’un doit bien le savoir… c’est la police !

Des questions indiscrètes

Enfin viennent quelques demandes supplémentaires sur la localisation exacte du coffre, le nombre de coffres au domicile, la possibilité de voir des photos du coffre fermé et ouvert pour voir les arme, la présence ou non d’alarmes au domicile, si le coffre est scellé ou non et même les dates auxquelles le demandeur part en vacances… Des informations sensibles pour la sécurité des biens et des personnes, qu’il vaut mieux éviter de divulguer, même aux forces de l’ordre.
Puis viennent ensuite les questions qui fâchent sur la situation professionnelle, conjugale (attention un divorce renforce la suspicion des pandores), les revenus du foyer et l’âge du capitaine…
En fait l’entretien peut rapidement virer à l’interrogatoire, procès-verbal à l’appui.
Certaines questions ont du sens lorsque l’on demande au licencié s’il y a d’autres tireurs sous le même toit ou si un proche est inscrit au FINIADA. Mais lorsque le policier ou le gendarme demande au tireur s’il est titulaire du permis B, là on peut se demander s’il n’y a pas confusion des genres entre l’autorisation de détention d’une arme à feu et le permis de conduire.

Manque de retenue

Ces questions surréalistes pourraient prêter à rire, mais en face des représentants de l’autorité se trouvent des citoyens. Des hommes et des femmes honnêtes et respectueux des lois de la République, légitimes dans leurs demandes, et qui n’ont pas à subir un système inquisitoire qui souffre, sur certains sites, d’un manque criant de formation, de retenue et d’empathie.

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Voir aussi :
- Intrusion dans la vie privée des tireurs ;
- L’organisation du contrôle des détenteurs d’armes ;

- Focus sur le contrôle des détenteurs et ses fondements juridiques ;
- Exemples des questions posées au cours de ces auditions indiscrètes.
 

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